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mercredi 6 mai 2009
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En cours de route (34) Roumanie (2)

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Le cogiteur

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Le 27, j’arrive donc à Timisoara qui est une très grande ville aux parcs immenses. Les maisons souvent très anciennes mériteraient un bon passage au "karscher".


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Il y a un camping près d’un bois. Mais à la réception, je vois une employée qui tape à la machine et qui ne daigne pas se lever vers le guichet pour l’importun qui a l’idée saugrenue de camper par un tel froid. Je patiente cinq minutes puis, zut, je poursuis ma marche car il devrait faire clair encore au moins une heure.

Je sors de la ville. La route à quatre voies est très fréquentée.

Je longe un terrain bordé de palissades où de très grandes affiches collées annoncent que la propriété est à vendre. Je me dis que c’est l’endroit idéal où je ne risque pas d’avoir un tracteur qui me réveille. Le chien de la propriété voisine hurle quand je rentre dans la propriété puis semble se mettre à aboyer de l’autre côté des bâtiments voisins qu’il est probablement censé surveiller.

En montant la tente, je remarque que les arceaux déjà réparés à plusieurs occasions à l’aide de toile de sparadrap ne vont plus tenir longtemps. Serait-ce ma dernière nuit dans mon "château" ?

A minuit, j’entends un coup de feu. Je sursaute. Le chien d’à côté aboie. Puis un second et un troisième coup de feu. Y aurait-il un fou qui chasse la nuit ?

Nouveau coup de feu. Le toît de la tente s’illumine. Ce sont ensuite plusieurs salves d’un feu artifice qui rendent le cabot fou furieux.

En face, un établissement est bondé à l’occasion d’une réception de mariage. Et c’est dans le terrain voisin du mien, là où se manifeste le chien, que les artificiers s’activent pendant un quart d’heure en l’honneur des jeunes époux. J’ai peur que des flammèches ne retombent sur la tente en matière synthétique qui n’est probablement pas ignifuge.

Dès les premières lueurs du jour, je sors de la tente. Le chien d’à côté m’a repéré et aboie. Zut, je rentre à nouveau dans la tente et après quelques aboiements, il se taît et disparaît.

J’attends cinq minutes, puis je sors à nouveau. Pas de chien. Je sors de la propriété en abandonnant ma tente proche de sa fin. Le chien me repère et hurle mais je m’en fiche, je suis sur la route.

Après quelques kilomètres, la route se retrécit. Des panneaux interdisent la circulation des cyclistes et des carioles à cheval mais on n’a rien prévu pour les piétons. Je poursuis donc et je vois quand même plusieurs cyclistes se rendant probablement à leur boulot. Plusieurs carioles à cheval circulent, certaines très lentement et d’autres à toute allure. Les panneaux d’interdiction semblent considérés le plus souvent comme de simples conseils laissés à l’appréciation des usagers. Souvent, ils s’en moquent éperdûment.

Bon Dieu de bon Dieu, ce que les Roumains me semblent mal organisés quand il s’agit d’entreprendre de grands travaux. A partir de Timisoara et jusqu’à la frontière bulgare, j’ai parcouru des centaines de kilomètres sur la route numéro 6 et je me demande s’il n’y avait pas presqu’autant de chantiers d’élargissement de la route que de kilomètres. Ce sont chaque fois des chantiers de quelques centaines de mètres, rarement plus de trois cents mètres. Et entre ces chantiers, on circule sur l’ancienne route où on n’a pas encore entamé les travaux à moins qu’on ne se trouve parfois sur quelques centaines de mètres récemment élargis.

A chaque chantier, il y a un feu rouge pour alterner la circulation, mais c’est souvent une pagaille car quand le feu devient rouge, on passe quand même ! Il m’est arrivé sur des kilomètres d’aller plus vite à pied que certains poids lourds devant se croiser sur une seule bande.

Or, tout le terrain appartient à l’Etat. Il est donc très facile de faire comme en Turquie ou en Espagne. Créer une autre route à côté de l’ancienne avec un seul immense chantier et on se retrouve finalement avec une autoroute quand les travaux se terminent. Mais le terrain, l’Etat le vend par lots d’environ 10 hectares presque tout le long de la route.

Les bergers et vachers empêchent moutons et vaches de sortir des terres non clôturées où ils broutent, sauf parfois pour faire traverser le troupeau. Belle pagaille sur une des routes principales du pays. Souvent, ces gens qui surveillent les troupeaux m’accostent car eux aussi n’ont pas beaucoup d’occasions de bavarder au cours de la journée. Et je m’étonne de voir ces personnes parler parfois très bien l’anglais.

Timis est une minuscule petite ville qui a deux hôtels chers pour ce qu’ils offrent mais comme je n’ai pas encore trouvé de tente, il faut bien y aller et choisis le moins cher qui n’a que son entrée art déco qui soit jolie.


 
 

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