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vendredi 17 juillet 2009
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En cours de route (39) Bulgarie (2)

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Le cogiteur

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Sofia m’a laissé une bonne impression. La ville compte pourtant quelques immeubles à la russe mais tellement moins qu’à Budapest qui a battu tous les records à cet égard jusqu’à présent et aucune autre ville ne la surpassera.

La grande mosquée et la cathédrale sont de beaux monuments. L’entrée de la ville et sa sortie sont assez dangereuses pour les piétons. Il y a bien des trottoirs étroits mais ils sont en terre et comme celle-ci n’est pas sèche, on glisse. Ce n’est pas étudié pour les piétons. Et le trafic est intense.

La ville a de très beaux magasins.

Le paysage après Sofia devient monotone surtout après les splendeurs des jours précédents. Et les villages se suivent et se ressemblent.

La deuxième très grande ville que je traverse, c’est Plovdiv qui me laisse aussi une bonne impression. Sur une place, j’ignore si c’est habituel, il y a un marché avec des dizaines de marchands, mais sur les tréteaux, on n’y vend que du miel, et de toutes les couleurs, du blanc cassé au brun foncé, et de toutes les consistances, du liquide au solide, depuis des petits pots jusqu’aux bidons de plusieurs kilos.

Sur les boulevards très larges, je suis surpris par la beauté de certaines jeunes filles. Les Bulgares rivalisent avec les Autrichiennes dans le hit-parade que j’établis sur le plan strictement esthétique !

Je suis encore au centre de la ville quand la nuit tombe et décide de poursuivre en profitant de l’éclairage public. Je vais dans un hôtel. Plus de place. Dans un second sans succès. Puis tout à fait à la sortie, j’en aperçois un très grand et très beau qui doit probablement être cher, mais j’y vais car je n’ai pas envie de rebrousser chemin vers le centre. La chambre est immense. Un seul reproche, la salle de bain est éloignée du lit de plus d’unedizaine de mètres, car il faut traverser le salon avec ses canapés avant d’y arriver !

En retirant mon sac à dos et en le déposant sur un des canapés, je ne sais pas quel geste malheureux je fais, mais j’entends un crac sinistre. Toute la couture l’entrejambe de mon pantalon se déchire le long de ma jambe gauche jusqu’au genou. Je ne vais tout de même pas me rendre à la réception en short.

Tout penaud, je m’y rends à tout petits pas pour dissimuler la catastrophe et demande s’ils n’ont pas du fil à coudre et une aiguille.

Vous avez un nécessaire à coudre dans votre armoire, m’apprend-on. Je remonte en marchant avec les mêmes pas minuscules et je ne croise heureusement personne. Effectivement, dans le placard, à côté du coffre-fort, il y a tout ce qu’il faut, sauf des ciseaux, mais j’ai mon coupe-ongles qui fait l’affaire. Il y a du fil de toutes les couleurs et une aiguille très petite. J’ai du mal à l’enfiler par manque d’habitude et cela malgré un petit ustensile métallique prévu pour les malhabiles comme moi. Je passe une bonne demi-heure à m’improviser tailleur et ma foi, je ne me débrouille pas trop mal. L’opération est presqu’invisible et résistera parfaitement.

Il s’en est fallu de peu que je m’endorme dans le bain.

Le petit-déjeuner de cet hôtel est excellent. On choisit un des cinq menus présentés sur une carte avec photos et texte en anglais. Heureusement !

Contrairement aux villages, dans les villes, on rencontre peu d’animaux. La traction chevaline y est rare. Pourtant, à ma surprise, en sortant de l’hôtel, je vois un mouton qui traverse sans se préoccuper de la circulation et provoque presque un accident. De toute évidence, cette bête est égarée. Il ne semble pas y avoir de fermes dans les environs.

Autre chose qui m’a surpris en Bulgarie, le balayage des rues. C’est l’automne et les feuilles mortes se ramassent à la pelle ! Mais ce sont toujours des femmes qui manient brosses et pelles. Je ne me souviens pas avoir vu ailleurs ce métier réservé et même pratiqué par des dames.

Quand j’en ai l’occasion, je vais loger à l’hôtel pour avoir des nuits moins frigorifiques que celles connues depuis l’entrée en Bulgarie. Dans les petites villes, les hôtels sont abordables mais il ne faut pas espérer y trouver le luxe de l’hôtel de Plovdiv. C’est parfois très spartiate, vétuste et brinquebalant mais propre.

Après quelques jours sans voir d’internet, j’écris ce qui suit au club du Souvrabble :

Je suis à Harmanli, ce qui ne vous dit rien.

Je bois une stella à votre santé et ici on a des bouteilles de 50 cl mais c’est plus cher que les bières locales. Tout va bien, sauf mal aux intestins pour avoir ingurgité trop de jus de fruits ???? J’espère que cela va passer avec la stella.

Les hôtels sont de moins en moins chers à l’approche de la Turquie mais de plus en plus quelconques.

Je loge dans un immeuble où il y a 3 hôtels dans le même bâtiment de 10 étages je crois.

3 réceptions l’une à coté de l’autre qui se font concurrence.

Hier, j’ai encore campé car il n’y a pas d’hôtels partout. Nuits glaciales et matinées froides. Après midis torrides.

J ai été entouré de montagnes mais les routes sont peu accidentées depuis Sofia. Déjà près d un millier de photos. Faudra que j’élague un peu car je prends un peu n’ importe quoi.

En fait d’élagage, je n’imaginais pas à quel point j’élaguerais.

Quelques jours plus tard, voici ce que j’écrivais au club :


Ce mercredi matin, Je suis encore à 15 km de la Grèce et à 26 de la Turquie.
Il y a un parking TIR avec un café internet et j’en profite pour vous dire un dernier bonjour bulgare.
Hier, j’étais crevé et ai ridiculement peu avancé. J ai passé ma matinée dans un cyber et l’après-midi, j’avais fort mal au ventre.
Ai rencontré en début d’après-midi un Anglais de 67 ans avec qui j’ai longtemps bavardé.
Il a fait cet été le tour de l’Europe à vélo et part en Inde mais en avion depuis Istanbul et comme chaque année il va y passer l’hiver où il fait toujours beau jusqu’en mars.
Ai dormi dans la tente douze heures d’affilée cette nuit pourtant froide à nouveau.
Mais ce matin le soleil est de nouveau là.

Est-ce l’été indien ? Je n’aurai plus de nuits glaciales jusqu’à la mi-décembre. Il est vrai que j’approche de la mer et suivrai un itinéraire côtier.

Sur un parking, je vois deux camions avec des plaques belges ! Une des bâches est blanche sans aucune mention. L’autre est bleue avec un texte en flamand.

Les chauffeurs grillent une cigarette. Je m’approche d’eux et leur dit bonjour en flamand et comme ils n’ont pas l’air de comprendre, j’essaie en français puis en anglais. Là, ils baragouinent un peu. Ce ne sont pas des chauffeurs belges mais un Grec et un Bulgare. Comme quoi, nos firmes belges utilisent probablement de la main d’œuvre à bon marché !


 
 

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